Édifié au XVIᵉ siècle, le château a traversé les siècles en conservant le charme et le caractère des demeures anciennes. Boiseries, cheminées, parquets, moulures, toiture et détails architecturaux témoignent de son histoire, tandis que le domaine s'ouvre largement sur la nature. Un lieu vivant, authentique et hors du temps.
Au début du siècle dernier, le château était une propriété viticole, intimement liée à la terre et à la production de vin. Les activités s'y succédaient au rythme des saisons : travaux dans les vignes, vendanges, entretien des terres et vie quotidienne de la maison.
Ce passé viticole fait partie de l'identité du lieu. Il témoigne d'une époque où les grandes demeures rurales étaient aussi des domaines agricoles autonomes, vivant au rythme de leur terroir.
Aujourd'hui, même si les vignes ont presque (mais pas entièrement) disparu du domaine, leur mémoire demeure dans les paysages et dans l'histoire de la propriété. Une histoire qui résonne particulièrement dans cette région d'Anjou, où la vigne et le vin occupent encore une place essentielle.
Ingrandes (Maine-et-Loire, Château du Bois-Baudet
Sur la gauche, le personnage vêtu de noir était le professeur du village, logé au château à l'époque où ce dernier appartenait à la commune. On aperçoit les pieds de vigne le long du muret bordant le château.
Environ 1910
Ingrandes (Maine-et-Loire) - Vue Panoramique de Tourne-Bride et de Bois-Baudet.
Phototypie Vassellier
En haut à gauche, on distingue le domaine avec ses terres viticoles et son château, reconnaissable à son toit à 4 pans et sa tourelle.
Environ 1910
Parmi les détails qui donnent au château son caractère singulier, deux vitraux Art déco à cabochons attirent le regard. Avec leurs lignes géométriques, leurs jeux de couleurs et leurs petits éléments de verre en relief, les vitraux captent la lumière et la transforment au fil de la journée. Selon l'heure et la saison, les motifs se parent de nuances différentes, faisant entrer dans la demeure une lumière tantôt douce, tantôt éclatante.
Caractéristiques de l'esthétique Art déco, ces vitraux témoignent d'une époque où l'architecture et les arts décoratifs dialoguaient étroitement. Ils apportent une touche graphique et contemporaine à cette demeure ancienne, cohabitant harmonieusement avec les éléments architecturaux hérités des siècles précédents.
Deux remarquables œuvres de lumière, discrètement nichées dans le château, qui se découvrent au détour d'un passage et contribuent à l'âme particulière du lieu.
Des motifs en vogue dans les années 1920
Un art ancestral hérité du Moyen Âge
Des jeux de contrastes audacieux
Tout en haut de la tour du château veille une ancienne cloche, discrètement installée au sommet de la demeure.
Sa présence laisse imaginer la vie du domaine autrefois. Servait-elle à rythmer les journées de la propriété ? à signaler les heures des repas ou des activités ? à appeler les habitants du lieu ou à annoncer un événement particulier ?
Dans les grandes propriétés rurales, les cloches pouvaient également constituer un moyen simple de communiquer à distance avec les dépendances et les personnes travaillant sur le domaine.
Aujourd'hui silencieuse, elle témoigne en toute discrétion d'un autre temps. Perchée au-dessus des toits, elle rappelle que le château fut autrefois un lieu vivant, organisé autour de ses résidents, de ses terres et du rythme des saisons.
Partie intégrante du château, la tour d'escalier dessert les deux étages de la demeure et constitue l'un de ses éléments architecturaux les plus caractéristiques.
À travers les siècles, cet escalier a accompagné les habitants et les visiteurs du château dans leurs déplacements entre les différents niveaux de la maison. Sa présence donne au château cette silhouette particulière des anciennes maisons nobles, où les éléments fonctionnels étaient aussi pensés comme de véritables éléments d'architecture.
Aujourd'hui, gravir ses marches, c'est emprunter un passage qui relie les étages mais aussi, d'une certaine manière, les différentes époques de l'histoire du château.
L'édifice se distingue par sa haute toiture à pans inclinés revêtue d'ardoises, témoignant d'un savoir-faire traditionnel. La structure intègre une lucarne à fronton cintré et une imposante souche de cheminée (cette dernière s'élève à 16 mètres) en pierre de taille. Le faîtage est agrémenté d'une crête en fer forgé décorative, un élément de ferronnerie d'art qui souligne la noblesse de la bâtisse.
Avec le temps, l'ardoise a pris cette patine particulière qui donne aux toitures anciennes leur profondeur et leur caractère. La géométrie à quatre pans confère à l'ensemble une silhouette harmonieuse, tandis que les lignes de la couverture soulignent les volumes du château.
Au sommet se dressent de remarquables pointes de diamant faisant office de paratonnerres. À la fois fonctionnels et décoratifs, ces éléments coiffent la toiture de leur silhouette élancée et ajoutent une touche singulière à l'architecture du domaine.